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OVHcloud lance son Smart Datacenter pour réduire l’empreinte des infrastructures cloud
À Roubaix, OVHcloud dévoile une nouvelle génération de datacenters pilotés par l’intelligence artificielle. L’objectif est explicite : réduire la consommation d’eau et d’énergie tout en accompagnant la montée en puissance des usages liés à l’intelligence artificielle.
Le 16 octobre 2025, OVHcloud a choisi son site historique de Roubaix pour présenter une évolution structurante de ses infrastructures, baptisée « Smart Datacenter ». Cette annonce ne relève pas d’une simple amélioration technique. Elle s’inscrit dans une transformation profonde du modèle des centres de données, sous pression face à l’augmentation rapide des besoins en puissance de calcul. L’essor de l’intelligence artificielle, du cloud et des applications intensives en données modifie l’équilibre du secteur. Les datacenters deviennent des infrastructures critiques, mais également des points de tension environnementale. Leur consommation énergétique et leur utilisation de l’eau sont désormais scrutées, tant par les régulateurs que par les entreprises utilisatrices, soucieuses d’aligner leurs stratégies numériques avec des objectifs de sobriété.
OVHcloud introduit une rupture méthodologique. Le datacenter n’est plus conçu comme un ensemble d’équipements fonctionnant sur des paramètres fixes, mais comme un système adaptatif capable d’ajuster son fonctionnement en temps réel. Cette approche repose sur l’exploitation de données opérationnelles et sur l’intégration de mécanismes d’intelligence artificielle. L’objectif est de réduire les marges de sécurité énergétiques historiquement intégrées dans les infrastructures, souvent surdimensionnées pour anticiper les pics de charge, mais inefficaces sur le plan de la consommation globale. Le Smart Datacenter cherche à transformer cette logique en introduisant une gestion fine et dynamique des ressources.
Une architecture conçue pour absorber la montée en puissance des usages IA
La transformation opérée par OVHcloud repose sur une refonte de l’architecture des baies de serveurs, incarnée par les « Smart Racks », cinquième génération de racks développée par le groupe. Cette évolution ne se limite pas à un changement de design. Elle repose sur une logique d’organisation différente des serveurs, pensée pour répondre à l’augmentation des densités de calcul et aux contraintes thermiques associées. Les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle, notamment celles utilisant des GPU, génèrent des niveaux de chaleur nettement supérieurs aux architectures traditionnelles, rendant les systèmes de refroidissement classiques de moins en moins adaptés.
Les Smart Racks introduisent une organisation en grappes, où les serveurs sont connectés en série pour le refroidissement tout en conservant une structure parallèle pour la maintenance. Cette configuration permet d’optimiser la circulation du fluide de refroidissement, en exploitant la chaleur produite de manière progressive et contrôlée. Le choix d’une architecture hybride, combinant série et parallèle, répond à une contrainte opérationnelle forte : maintenir un accès individuel aux serveurs pour les opérations techniques sans dégrader l’efficacité thermique globale.
Cette approche traduit un changement de paradigme. Le refroidissement n’est plus une fonction périphérique du datacenter, mais un élément central de sa conception. En organisant les flux thermiques dès la conception des racks, OVHcloud cherche à limiter les pertes énergétiques et à améliorer l’efficacité globale du système. Cette logique devient essentielle dans un contexte où la densité des serveurs continue d’augmenter, sous l’effet des besoins en calcul intensif.
Un système de refroidissement piloté en temps réel par la donnée
L’innovation la plus structurante du Smart Datacenter se situe au niveau du système de refroidissement. OVHcloud introduit une unité de distribution de refroidissement, appelée CDU, dont la conception diffère radicalement des architectures traditionnelles. Dans les modèles classiques, chaque rack intègre son propre système de refroidissement, ce qui multiplie les composants et complexifie la gestion thermique. Le Smart Datacenter adopte une logique de mutualisation : le CDU est externalisé et capable d’alimenter plusieurs rangées de racks.
Cette centralisation permet de simplifier l’infrastructure tout en améliorant son efficacité. Le module est plus compact, mais surtout plus intelligent. Il intègre plus de trente capteurs, qui mesurent en continu des paramètres clés tels que la température, la pression, la vitesse de circulation de l’eau et les conditions environnementales. Ces données sont exploitées en temps réel pour ajuster le fonctionnement du système de refroidissement.
Le rôle de l’intelligence artificielle est déterminant dans ce dispositif. Elle permet d’analyser les données collectées et d’adapter instantanément les paramètres de fonctionnement en fonction de la charge des serveurs. Le système ne fonctionne plus sur des seuils statiques, mais sur une logique adaptative. Le refroidissement devient proportionnel à l’usage réel, ce qui permet de réduire les consommations inutiles et d’optimiser l’efficacité énergétique.
Cette capacité d’ajustement transforme le datacenter en infrastructure « consciente » de son environnement. Il peut réagir aux variations de charge, aux fluctuations de température ambiante et aux contraintes externes, en ajustant en permanence ses paramètres. Cette approche réduit le gaspillage énergétique et améliore la résilience des installations, en limitant les risques de surchauffe et en optimisant la durée de vie des équipements.
Des gains mesurables sur les ressources énergétiques et hydriques
Les performances annoncées par OVHcloud traduisent l’impact de cette approche. Le groupe indique une réduction de la consommation d’eau pouvant atteindre 30 %, ainsi qu’une diminution de l’électricité dédiée au refroidissement jusqu’à 50 %. Ces gains sont significatifs dans un secteur où le refroidissement peut représenter jusqu’à 40 % de la consommation totale d’un datacenter. L’optimisation de ce poste constitue donc un levier immédiat de performance énergétique.
Ces résultats prennent une dimension particulière dans un contexte de tension sur les ressources. L’utilisation de l’eau dans les datacenters est devenue un sujet sensible, notamment dans les régions confrontées à des contraintes hydriques. Les modèles traditionnels, reposant sur des systèmes ouverts ou sur des volumes importants d’eau, sont de plus en plus critiqués. La capacité à réduire cette consommation devient un facteur de différenciation pour les acteurs du cloud.
Au-delà de la consommation directe, cette approche permet également d’améliorer la durabilité des infrastructures. Une gestion thermique plus fine réduit l’usure des composants, limite les défaillances et prolonge la durée de vie des équipements. Cette dimension opérationnelle est essentielle, car elle impacte directement les coûts d’exploitation et la fiabilité des services proposés aux clients.
Le Smart Datacenter introduit ainsi une logique de performance globale, où l’efficacité énergétique, la durabilité des équipements et la qualité de service sont étroitement liées. Cette approche répond aux attentes des entreprises, de plus en plus attentives à l’empreinte environnementale de leurs infrastructures numériques.
Un déploiement progressif avec un objectif d’industrialisation
OVHcloud a lancé le déploiement de cette architecture dès octobre 2025, avec l’installation de 60 Smart Racks représentant environ 2 000 serveurs dans une salle dédiée du site de Roubaix. Ce pilote constitue une étape clé dans la validation du modèle. Il permet d’observer le fonctionnement de l’architecture en conditions réelles et de mesurer les gains annoncés.
L’enjeu ne se limite pas à la démonstration technique. Il s’agit désormais d’industrialiser cette architecture et de la déployer à grande échelle au sein des infrastructures du groupe, présent dans plus de trente régions dans le monde. Cette phase est déterminante, car elle conditionne la capacité d’OVHcloud à transformer cette innovation en avantage compétitif durable.
Pour les clients, les implications sont concrètes. Une meilleure efficacité énergétique se traduit par une réduction des coûts d’exploitation, qui peut être répercutée sur les tarifs des services cloud. Elle améliore également la fiabilité des infrastructures, en limitant les risques de panne liés à des contraintes thermiques. Le Smart Datacenter devient ainsi un levier à la fois technique et commercial.
Une réponse stratégique aux enjeux environnementaux du cloud
Le secteur des datacenters fait face à une pression croissante liée à l’explosion des usages numériques. L’intelligence artificielle, en particulier, entraîne une augmentation significative de la consommation énergétique mondiale. Les modèles traditionnels sont remis en question, notamment en raison de leur inefficacité énergétique et de leur impact environnemental.
OVHcloud adopte une stratégie différenciante en combinant innovation technologique et sobriété énergétique. Le Smart Datacenter illustre cette volonté de proposer un modèle plus efficient, capable de répondre aux exigences de performance tout en limitant l’impact environnemental. Cette approche constitue un élément de positionnement face aux grands acteurs du cloud, souvent critiqués sur leur empreinte carbone.
Cette stratégie s’inscrit également dans un enjeu de souveraineté. Les acteurs européens cherchent à développer des alternatives aux infrastructures dominantes, en mettant en avant des modèles plus transparents et plus responsables. Le Smart Datacenter s’inscrit dans cette logique, en proposant une architecture adaptée aux exigences réglementaires et environnementales du marché européen.
Des implications directes pour les marchés africains et marocains
Les transformations du cloud concernent directement les économies africaines, engagées dans une dynamique de digitalisation rapide. Le Maroc, en particulier, accélère le développement de ses infrastructures numériques, soutenu par des stratégies nationales et par l’émergence de nouveaux usages digitaux.
Dans ce contexte, la question de l’efficacité énergétique des datacenters devient stratégique. L’accès à des infrastructures plus sobres en ressources constitue un enjeu majeur, notamment dans un environnement où la gestion de l’eau et de l’énergie est structurante. La présence d’acteurs comme OVHcloud ouvre la voie à des solutions plus efficientes, adaptées aux contraintes locales.
Pour des plateformes à forte volumétrie comme Stagiaires.ma ou des médias spécialisés comme DRH.ma, la performance des infrastructures cloud conditionne directement la qualité de service. La disponibilité, la rapidité et la capacité à gérer des volumes importants de données deviennent des facteurs différenciants. L’évolution vers des datacenters intelligents permet de répondre à ces exigences tout en maîtrisant les coûts et l’impact environnemental.
Le Smart Datacenter ne se limite pas à une innovation technique. Il traduit une transformation du modèle des infrastructures numériques, désormais contraintes d’intégrer des objectifs de performance et de sobriété. OVHcloud fait le pari d’un datacenter capable de s’adapter en temps réel à ses usages, en optimisant ses ressources sans compromettre la puissance de calcul. La généralisation de ce modèle constituera un indicateur de la capacité du secteur à concilier croissance numérique et contraintes environnementales, dans un contexte où la demande continue de s’intensifier.
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