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La start-up Viraj Aero lève 4,5 millions d’euros pour réduire les émissions polluantes des moteurs d’avion
La start-up toulousaine Viraj Aero lève 4,5 millions d’euros, en capital et en subventions, pour poursuivre le développement de son système de réinjection de vapeur d’eau dans les turbines d’avion. L’entreprise revendique jusqu’à 30 % d’économie de carburant, 99 % de réduction des oxydes d’azote et 70 % de traînées de condensation en moins. Elle prépare un premier vol sur un avion léger en 2027 et porte son effectif à 18 collaborateurs.
Le tour de table est mené par IRDI Capital Investissement, avec la participation de Climate Founders, du fonds régional Ocseed, de business angels et de family offices spécialisés. ARTS, société de maintenance aéronautique et partenaire industriel de Viraj Aero, participe également à l’opération, tandis que Bpifrance apporte une aide. Ce financement complète le million d’euros obtenu en 2024 auprès de la fondation suisse Lopez-Loreta.
Créée en février 2024, Viraj Aero est dirigée par Mathilde Bouilloux, ingénieure des Ponts et Chaussées, et Joseph Risson, diplômé de l’ISAE-Supaero. Ce dernier a travaillé chez Ascendance Flight Technologies, spécialisée dans la propulsion hybride, puis chez Beyond Aero, qui développe un avion à hydrogène. Implantée à Toulouse-Blagnac, l’entreprise évolue au cœur du principal bassin aéronautique français.
La technologie développée adapte aux moteurs d’avion un principe déjà utilisé dans certaines turbines industrielles. L’eau présente dans les gaz d’échappement est récupérée, transformée en vapeur puis réintroduite dans la turbine. Cette boucle doit améliorer le rendement thermodynamique, réduire la quantité de carburant nécessaire et abaisser la température de combustion, limitant ainsi la formation d’oxydes d’azote.
Viraj Aero ne construit pas un nouvel avion. Elle conçoit des modules additionnels destinés à améliorer les turbines existantes et annonce une compatibilité avec le kérosène, les carburants d’aviation durables et l’hydrogène. Ce positionnement permet de viser les appareils déjà en service et les futures générations d’aéronefs, sans attendre le renouvellement complet des flottes, mais exige une intégration adaptée à chaque architecture de moteur.
Les performances communiquées constituent encore des objectifs techniques avancés par l’entreprise. Viraj Aero estime que son dispositif peut réduire d’environ un tiers la consommation de carburant et les émissions de CO2 associées, diminuer les NOx de 80 à 99 % et limiter les traînées de condensation de 70 %. Les essais devront confirmer ces niveaux dans plusieurs phases de vol, sans alourdir excessivement l’appareil ni augmenter les coûts de maintenance.
Les nouveaux moyens financeront la fabrication d’un démonstrateur, les essais au sol, l’intégration du système sur un petit appareil et la préparation du vol prévu en 2027. Cette étape doit permettre d’évaluer le comportement du dispositif en altitude, sa masse, sa fiabilité et son influence sur les performances du moteur. Une procédure de certification sera ensuite nécessaire avant toute commercialisation ou installation sur des avions exploités régulièrement.
La levée accompagne également l’accélération des recrutements. Viraj Aero indique avoir triplé son équipe en un an, passant de six à 18 collaborateurs. Le programme mobilise des compétences en thermodynamique, combustion, échangeurs de chaleur, mécanique, intégration aéronautique, essais et certification. L’entrée d’ARTS au capital doit rapprocher la conception du système des contraintes opérationnelles rencontrées par les sociétés de maintenance et les futurs utilisateurs.
Après deux années consacrées à la conception et aux premiers essais, Viraj Aero entre dans une phase de démonstration en conditions réelles. Le passage du laboratoire à un appareil opérationnel constitue désormais le principal jalon du projet. Le vol annoncé pour 2027 devra établir si la réinjection de vapeur peut devenir une solution industrialisable capable de réduire simultanément les émissions de CO2 et les effets climatiques non liés au carbone.
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